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En juin dernier, après plusieurs mois d'acclimatation, les premiers plants de saxifrage oeil-de-bouc étaient enfin prêts à être réintroduits. Ces premières plantations marquaient, après plus de 10 ans de recherches, le lancement du projet de réintroduction du saxifrage oeil-de-bouc, mené par le CBNFC-ORI. En danger critique d’extinction, cette espèce n'était plus présente en France que dans une station du Doubs.

 

 

Suivis, quel succès !

Un suivi de plantation a été réalisé en juillet sur chaque site : les conditions chaudes des mois de juin et juillet ont été atténuées par des conditions orageuses fin juillet qui ont permis une bonne reprise des plants. Un complément d’arrosage a pu être fait.

 

Un suivi plus détaillé mi-septembre, soit deux-mois et demi après les plantations a montré un taux de survie de 100% des plants à Bannans et de 96% des plants aux Rousses.

Les plants de Bannans se sont bien développés avec une augmentation de 50 % du nombre de rosettes. Croissance estivale notable avec augmentation de la taille des plants particulièrement pour Bannans, lesquels étaient faibles au départ (taille des rosettes moyenne +87%, nombre de stolons +203%).

Pour les Rousses : tailles des rosettes moyennes + 120% et nombre de stolons +25%.

 

Perspectives encourageantes :

Par multiplication végétative, la présence stolons implique la production des rosettes de l’année prochaine. Ainsi dénombrés à 182 stolons pour Bannans et 755 stolons pour Les Rousses, l’accroissement de la population pourrait être de +40% pour Bannans et +240% pour les Rousses. Affaire à suivre après l’hiver…

 

Une floraison abondante produite par des conditions de froid tardif lorsque les plants étaient en acclimatation à la Rivière-Drugeon :

  • 71 inflorescences aux Rousses ont produit au moins 52 capsules
  • 15 inflorescences à Bannans ont produit 12 capsules

Malheureusement la plupart des capsules étaient vides de graines ; peut-être ont-elles fleuri trop tôt par rapport à la présence de pollinisateurs in situ.

 

Population d’origine sauvage de Bannans : résultats toujours alarmants.

Comptage : 13 inflorescences. Une recherche approfondie des rosettes a été faite dénombrant au total une cinquantaine.

>> Effectif faible et spatialement réduit : aucune rosette n’a été trouvée en dehors de la plus grande colonie.

 

Nouvelle plantation

Afin de diversifier les conditions de plantation, de nouveaux plants ont été réintroduits en septembre (2 plants à Bannans et 49 aux Rousses) portant le total de la population à 32 plants à Bannans et 120 plants aux Rousses.

 

 

Mise en culture, la place est occupée !

Au printemps 2017, 700 godets ont été mis en culture au jardin botanique de Besançon et une centaine dans les jardins botaniques de Nancy et Mulhouse. Ils serviront aux plantations de 2018.

A Besançon, la serre grillagée a été installée au printemps et pourra accueillir les plants nécessaires à deux années successives de plantation.

 

Récoltes de graines

A Bannans plusieurs récoltes de graines ont été faites, tant sur la population naturelle que sur les plants, malgré le fait qu’elles paraissaient stériles. Le tri des capsules permettra après le séchage d’évaluer la quantité de graines.

La récolte sur capsules sur le site des Amburnex a été fait en collaboration Christophe Randin du Jardin Botanique de Lausanne. Un partage de deux périodes de récolte (à 1 mois d’intervalle) a été proposé permettant à chaque structure de gagner de temps. Les lots seront ensuite partagés après l’étape de pré-séchage et le tri.

Des nouvelles du projet suisse dans notre prochain artilce !

 

Un appareillage conséquent pour connaître le fonctionnement !

 

Une étude de connaissance minutieuse du fonctionnement hydrologique de la tourbière de Bannans a été lancée par le SMMAHD à l’appui de l’expertise des bureaux d’études LIN’eco et HydroConsult.

 

Sophie Favre-Réguillon (MASTER2 QuEST, Université de Franche-Comté) a entrepris la mise en œuvre de toute une série de mesures : pluviométrie, hauteur de tourbe, mesures piézométriques et physico-chimiques… Ces mesures se poursuivront et seront complétées en 2018 par des mesures de débits avant d’être analysées et modélisées en 2019.

Pour répondre aux questions : d’où vient l’eau qui alimente la tourbière et plus précisément la station de Saxifrage ? Quels apports en quelle qualité et quantité ? Pourquoi la Saxifrage se maintient là et pas ailleurs ? Les lieux pressentis pour renforcer la population de l’espèce présentent-ils les bonnes conditions hydrogéochimiques ?

Les premiers résultats révèlent que la tourbière présente un fonctionnement hydrologique mixte avec des apports d’eau de pluie et d’eau souterraine mais, affecté par la présence de fossés de longue date.

Le comportement de la nappe d’eau pourrait en partie expliquer la répartition de la Saxifrage au sein du complexe tourbeux. En effet, une dégradation des conditions hydrologiques a été enregistrée ces dernières années simultanément à une diminution sévère des effectifs (151 inflorescences en 2013 contre 13 cette année !). Cette année encore particulièrement sèche a montré un abaissement estival marqué de la nappe d’eau mais atténué dans le périmètre où se maintient la population de Saxifrage ainsi que dans l’une des stations prévues au renforcement par des plants de Saxifrage.

Du côté physico-chimique, la station de Saxifrage est alimentée par des eaux minéralisées et oligotrophes, dont la composition chimique est comparable à celle observée dans les autres stations européennes. L’élément ammonium pourrait également être un facteur géographique clé car la plante se maintient dans la seule zone où les teneurs sont constamment inférieures à 0,11 mg.l-1.

 

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