CBNFC ORI
Conservatoire botanique national de Franche-Comté
Observatoire régional des invertébrés

Pour la flore, les habitats naturels et les invertébrés en Franche-Comté

Le cas particulier de l'Ambroisie, un problème de santé publique

formation ambroisie

Le plan de lutte régional contre l’ambroisie à feuilles d’armoise, animé par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) et l’Agence régionale de santé (ARS), fait régulièrement appel aux compétences du Conservatoire. Cela se traduit par des échanges réguliers, des formations techniques avec les acteurs particulièrement concernés par la gestion de l’espèce sur leurs emprises (gestionnaires routiers et ferroviaires), et des réunions d’information relatives à la prise d’arrêtés préfectoraux contre l’ambroisie à feuilles d’armoise.

Les interventions du Conservatoire

Assistance scientifique et technique des acteurs de terrain 

Le Conservatoire assure une veille documentaire et orale sur les expérimentations de méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, permettant d’approfondir sa capacité d’expertise et d’en faire bénéficier ses partenaires en cas de sollicitation. 

Notre accompagnement des acteurs porte sur :
- la prise en compte d’espèces invasives dans le cadre de la gestion courante d’espaces ou lors de projets de restauration de milieux,
- les méthodes de lutte à l’encontre d’une espèce précise,
- l’aide à la conception ou la relecture de fiches techniques de lutte,
- encore sur la mise à disposition de localisations d’espèces invasives en Franche-Comté.

Afin de mieux connaître le mode de propagation et d’évaluer le pouvoir germinatif de certaines espèces, des tests de germination et de mise en culture sont réalisés. Le mode de dissémination de ces espèces naturalisées est en effet déterminant dans leur dynamique de propagation et par voie de conséquence dans les stratégies de lutte à adopter.

renouee du japon doubsDepuis 2006, diverses collaborations avec les gestionnaires routiers de la région (conseils généraux et Direction interdépartementale des routes de l’Est principalement) visent à mieux prendre en compte les plantes invasives dans la gestion des dépendances routières dont ils ont la charge. Des formations, des réunions de terrain et la rédaction de documents stratégiques en sont des exemples. Parmi les principales espèces visées figure bien entendu l’ambroisie à feuilles d’armoise, mais également les renouées asiatiques.

Rédiger et mettre en œuvre des bilans stationnels et des plans de lutte pour des espèces émergentes.

Ludwigia arrachageDans le cadre d’une démarche parallèle à celle mise en œuvre pour les espèces menacées, le Conservatoire a initié en 2010 des « bilans stationnels » pour certaines espèces invasives considérées comme prioritaires, souvent du fait de leur faible représentation sur le territoire régional et des menaces qu’elles représentent. Il s’agit d’étudier l’ensemble de leurs stations, afin de mieux cerner la dynamique de ces espèces et d’évaluer au cas par cas les atteintes subies par la flore et les habitats alentours. 
Selon les résultats, des mesures peuvent être proposées pour poursuivre l’amélioration de la connaissance régionale du taxon et/ou pour envisager des actions de lutte.

Un plan est alors proposé et mis en œuvre. Cette animation consiste notamment à :

- recueillir les informations cadastrales pour identifier les propriétaires des parcelles concernées,
- contacter les propriétaires et les gestionnaires pour les sensibiliser et les mobiliser,
- rechercher des partenaires fonctionnels et financiers pour chaque station,
- définir les priorités d’intervention,
- élaborer ou encadrer l’élaboration des cahiers des charges précisant le déroulement des opérations de gestion,
- suivre les opérations de gestion, leurs résultats et orienter les actions mises en œuvre.

Cette démarche permet de provoquer des actions de contrôle pour les espèces prioritaires concernées sur l’ensemble du territoire régional, alors qu’auparavant, des initiatives émergeaient essentiellement au sein des espaces naturels protégés ou dans les sites Natura 2000. Cette approche globale gagne en cohérence et en efficacité, et contribue à éviter que ces espèces prioritaires, encore émergentes en Franche-Comté, ne deviennent rapidement des envahissantes majeures.

La mise en œuvre de ces actions nécessite une forte implication de tous les acteurs, pour surmonter certaines difficultés, notamment, selon les stations d’espèces concernées :

- la difficulté d’obtenir un engagement pérenne des acteurs ou la difficulté pour identifier des partenaires fonctionnels et financiers,
- le manque de réglementation (seules la jussie à grandes fleurs et l’ambroisie à feuilles d’armoise sont réglementées) susceptibles de contraindre l’ensemble des acteurs locaux à agir,
- ou la complexité de la faisabilité biologique et technique du contrôle de l’espèce exotique.